Le rôle de l’erreur dans la construction du sportif (Dorian Martinez)

La culture de la défaite

On entend souvent dire que les sportifs français n’ont pas la « culture de la gagne ». En fait, je pense surtout qu’ils n’ont pas la « culture de la défaite ».

Car, pour espérer gagner, il faut savoir (ça s’apprend !) perdre. C’est à dire prendre du recul sur les raisons de la défaite pour progresser et devenir plus performant.

Depuis tout petit, le système scolaire nous formate à penser qu’il n’y a toujours qu’une seule bonne réponse et que se tromper est grave (stylo rouge, mauvaise note, etc.) Du coup, cela produit de futurs entraineurs et de futurs sportifs qui ont ce rejet de l’erreur profondément ancré en eux.

Cela génère plusieurs problèmes :
– Le rejet du mauvais résultat.
– La difficulté à prendre des risques, à oser.
– Le manque de plaisir à tenter des choses.
– Le sentiment de culpabilité face à la défaite.
– L’absence de remise en question.
– L’absence de résultats ! (d’où l’idée que nous n’avons pas la culture de la gagne qui n’est en fait que la conséquence d’un système général médiocre).

La défaite et l’erreur sont fondamentalement nécessaires à toute progression.
Culture de la défaite (Dorian Martinez)

Si bébé nous n’avions pas osé nous lever pour marcher, aujourd’hui nous serions tous des larves rampantes. Si nous n’avions pas persévéré face aux chutes (+de 3000 en moyenne) nous n’aurions jamais su comment nous tenir debout !

Roger Federer, le tennisman le plus titré de l’histoire à gagné 17 titres du grand Chelem en 17 ans. Cela veut dire que 3 fois sur 4 quand il s’est aligné à un tournoi du grand chelem, il a perdu. Ses statistiques sont hallucinantes, pourtant sont taux de titre remporté est de 25%. Dans la plupart des cas, il est reparti d’un tournoi majeur avec une défaite.

Peut-on pour autant dire qu’il a échoué ?

Bien sûr que non.
Il a intégré que la défaite fait partie intégrante du processus de victoire et d’apprentissage.

L’idée n’est pas de se complaire dans la défaite. Ce n’est jamais agréable de perdre. La clé c’est d‘essayer d’en tirer des enseignements qui viendront compléter les enseignements des victoires (ne pas les oublier) pour s’inscrire dans un processus d’amélioration continue.

Tout bénéf pour son activité sportive et pour son développement personnel.

Dorian Martinez (psychologue du sport)
www.psysport.com


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